Révocation du permis d’opération de la Bramer Bank

La Banque de Maurice a révoqué avec effet immédiat le permis d’opération de la Bramer Bank. Les conditions prévalant au sein de cette banque représentant un sérieux risque pour notre système financier.

 

Bramer BankRévocation du permis d’opération de la Bramer BankRetraits massifs des épargnants, incapacité à lever des fonds sur le marché interbancaire et impossibilité à maintenir le niveau minimal des réserves. Ce sont quelques raisons ayant motivé cette décision, affirme la BoM dans un communiqué publié sur son site aux petites heures du vendredi 3 avril. « La Banque de Maurice, en tant que régulatrice, considère que la Bramer Bank opérait d’une manière qui est contraire et préjudiciable aux intérêts des épargnants et du public », fait ressortir la BoM.

 

Le rôle premier d’une banque est de prendre des dépôts et de faire fructifier cet argent sous formes de prêts, cartes de crédit et découverts. Le taux d’intérêt frappant ces produits financiers est supérieur à celui auquel la banque rémunère les dépôts. Dans le cas de la Bramer Bank, des institutions ont demandé à recouvrir leurs dépôts. Ces retraits ont été massifs, selon la Banque centrale, et ont mis à risque le niveau de liquidité de la banque. La Bramer s’est retrouvée dans une position difficile, car elle ne pouvait lever des fonds sur le marché interbancaire. Qui plus est, la Bramer n’a pu maintenir le niveau de liquidité requis par la BoM pour la quinzaine démarrant le 5 mars.

 

BA Insurance : Risque d’effet domino

 

La fermeture de la Bramer Bank n’a pas tardé à provoquer un effet domino. La première victime : la BA Insurance. Le régulateur du secteur financier, la Financial Services Commission (FSC), a décidé, vendredi matin, de placer la compagnie d’assurances sous tutelle. Deux ‘conservators’ ont été nommés pour diriger les opérations de BA Insurance : André Bonieux et Mushtaq Oosman. « Le travail d’un conservateur diffère de celui du ‘receiver’ », explique André Bonieux.

 

Le conservateur, précise-t-il, « a moins de pouvoirs qu’un administrateur. » Pour la BA Insurance, les deux conservateurs devront faire un constat et émettre leurs recommandations à la FSC. Et si ces recommandations sont acceptées par le régulateur, elles seront implémentées. La Financial Services Commission (FSC) a mis à la disposition des clients de la BA Insurance des comptoirs d’information. Ceux qui veulent avoir de plus amples informations sur le devenir de leurs investissements doivent ainsi se rendre au quartier général de la FSC, à Ebène.

 

Selon des cadres de la BAI : « Une chute orchestrée »

 

« C’est loin d’être un Ponzi Scheme. C’est une chute orchestrée ». C’est l’opinion exprimée par quelques hauts cadres du groupe BA Investment suite aux déclarations du PM et du ministre des Finances. « Tout a commencé par la décision du GM de retirer ses investissements de la Bramer Bank. Ce faisant, il l’a affaiblie.

 

Sans compter qu’une campagne a été menée auprès de gros épargnants pour qu’ils retirent leur argent. Dans une telle situation, n’importe quelle banque se serait retrouvée avec un sérieux problème de liquidité. On a évoqué un Ponzi Scheme de Rs 25 milliards. Ce n’est pas le cas. En réalité, ces Rs 25 milliards représentent la valeur des polices d’assurance à maturité (Police Holder Liability) qui est d’ailleurs incluse dans notre bilan financier, déposé aux autorités, dont la FSC », expliquent-ils.

 

À leur avis, le terme Ponzi Scheme ne peut s’appliquer au Groupe BAI parce qu’il dispose suffisamment de biens. « Ces Rs 25 milliards sont couvertes par les biens de la compagnie estimés à Rs 33 milliards. Ce sont des biens au vu et au su de tout le monde, comme la clinique Apollo Bramwell et les investissements au Kenya », font ressortir ces cadres. Pour ces hauts cadres de la BAI, c’est évident que les autorités ont orchestré la chute du groupe. Avec la révocation du permis d’opération de la Bramer Bank, disent-ils, « les Rs 5 milliards investies dans les titres en Bourse ne sont d’aucune valeur ».