Législatives 2014 : les électeurs face à un enjeu de taille

Les législatives auront lieu le mercredi 10 décembre dans la République de l’île Maurice ; le Writ of Election ayant été émis vendredi 7 novembre par le président Kailash Purryag sur conseil du Premier ministre Navin Ramgoolam.Ce scrutin revêt d’une importance capitale et s’annonce comme étant le plus important depuis que l’île Maurice a accédé au statut d’indépendance le 12 mars 1968.

Législatives 2014 : les électeurs face à un enjeu de tailleL’enjeu est de taille avec le projet de Seconde République proposé [voir plus loin] par l’alliance PTr-MMM ; préconisant un partage de pouvoirs entre le Premier ministre et le président de la Seconde République.

Ils sont 908 190 électeurs dans les 20 circonscriptions de l’île Maurice et 28 785 à l’île Rodrigues qui seront appelés aux urnes  pour les législatives du 10 décembre.

739 candidats s’étaient enregistrés lors du Nomination Day lundi 24 novembre. Ils ne sont plus que 726 candidats dont 128 femmes en lice pour les législatives du 10 décembre ; 13 d’entre eux s’étant désistés. Il s’agit là d’un nombre record de canddiats. C’est dans la circonscription no 5 [Pamplemousses-Triolet] qu’il y a le plus grand nombre de candidats, soit 69.

C’est pour la dixième fois que les Mauriciens sont appelés aux urnes depuis l’Indépendance de l’île Maurice et c’est la troisième fois que les législatives se tiennent en jour semaine après le vendredi 11 juin 1982 et le lundi 11 septembre 2000.

C’est la circonscription no 14 [Savanne-Rivière-Noire] qui compte le plus grand nombre d’électeurs, soit 62 524, suivie de la circonscription no 5 [Pamplemousses-Triolet] avec 62 092. La circonscription comptant le plus petit nombre d’électeurs est le no 3 [Port-Louis-Maritime-Port-Louis-Est] avec 23 112 électeurs.

Les trois candidats ayant recueilli le plus grand nombre de voix dans chaque circonscription seront élus selon la formule « first-past-the-post ».

Nouveauté : les candidats briguant les suffrages pour les législatives du 10 décembre n’ont pas été obligés de décliner leur appartenance ethnique lors du dépôt des candidatures suivant le vote du mini-amendement constitutionnel vendredi 4 juillet à l’Assemblée nationale. 29,36 % des candidats n’ont pas décliné leur appartenance ethnique.

Deux principaux blocs politiques s’affrontent lors des législatives du 10 décembre. D’une part l’alliance PTr-MMM ; une coalition entre le gouvernement sortant dirigé par Navin Ramgoolam et le principal parti de l’Opposition de mai 2010 à septembre 2014, soit le MMM de Paul Bérenger.

D’autre part l’alliance Lepep, regroupant le MSM, le PMSD [ex-allié du PTr] et le Muvman Liberater, parti fondé par l’avocat et l’ex-député Ivan Collendavelloo, suite à sa démission du MMM. L’alliance Lepep est dirigée par sir Anerood Jugnauth, ancien Premier ministre de l’île Maurice de 1982 à 1995 ; de 2000 à septembre 2003, et ex-président de la République de septembre 2003 à mars 2012.

D’autres partis comme le Front solidarité mauricien (FSM), dirigé par le député sortant du no 3 Cehl Meeah, le Mouvement mauricien social-démocrate (MMSD), dirigé par le député sortant du no 17 [Curepipe-Midlands] Éric Guimbeau, Rezistans ek Alternativ qui a mené campagne pour que les candidats n’aient plus à décliner leur appartenance ethnique lors du Nomination Day, le parti de gauche Lalit, le Parti justice sociale de Sheila Bunwaree, Ensam de Roshnee Mooneeram, l’Entente pour le démocratie parlementaire menée par le syndicaliste Jack Bizlall, les Verts fraternels de Sylvio Michel, le Mouvement authentique mauricien d’Eliezer François, le Mouvement travailliste militant, nouveau parti lancé par l’ex-ministre de l’Education Vasant Bunwaree, le Party Malin de Dhanrajsing Aubeeluck et des candidats indépendants, participent à ce scrutin.

L’alliance PTr-MMM souhaite obtenir une majorité de ¾ d’élus à l’Assemblée nationale afin d’instaurer la Seconde République. Si ce projet voit le jour, les électeurs seront appelés une nouvelle fois aux urnes pour élire le président de la Seconde République, qui aura des pouvoirs accrus.

Navin Ramgoolam démissionnera alors pour participer à cette élection présidentielle à un tour. Il présentera le MMM Jayen Cuttaree comme son vice-président. Le leader MMM Paul Bérenger lui succédera alors au poste de Premier ministre, selon l’accord électoral signé entre le PTr et le MMM.