Le tragique destin d’Eleana Gentil

Le corps sans vie d’Eleana Gentil, 11 ans, a été retrouvé dix jours après sa disparition dans la matinée du mercredi 15 avril.

 

Eleana GentilLe tragique destin d'Eleana GentilLe cadavre en état de décomposition avancée portait des traces de mutilation. Toutefois, le rapport de l’autopsie pratiquée par le médecin légiste de la police n’a pu établir la cause exacte du décès vu l’état du cadavre. Une fracture de crâne a cependant été décelée, et les organes génitaux de la victime restaient introuvables. La petite victime était partiellement nue. Son pantalon et ses sous-vêtements ont été trouvés à plusieurs mètres du corps décapité. Les tests ADN devraient permettre d’en savoir plus. À ce stade le médecin légiste n’exclut pas l’hypothèse que la petite fille ait subi une agression sexuelle.

Traces suspectes

 

C’est le 6 avril, au lendemain de la fête que la disparition de la petite Eleana Gentil a été rapportée à la police. Son absence n’a pas été immédiatement notée, sa mère croyant qu’elle dormait chez un proche. À Cité Anoska, des volontaires, des proches de la victime se sont regroupés pour aider la famille dans les recherches.  Des chiens renifleurs, le Groupe d’Intervention de la Police mauricienne, la Special Mobile Force, la Criminal Investigation Division et la Special Supporting Unit ont également été mis à contribution.

 

Des battues ont été menées à 16e Mile dans les terrains boisés aux alentours. Après onze jours de vaines recherches, la police a découvert le corps, le 15 avril, vers 11 heures, dans les parages de la chasse ‘Petit Constantin’. L’espoir de la famille Gentil et de la population de retrouver l’enfant sain et sauf s’est effondré. Les enquêteurs cherchent maintenant à savoir qui est l’auteur de ce crime atroce. Le Detective Chief Inspector Omrahoo, le sergent Nothoo de la CID de Curepipe, le sergent Neetoo et l’équipe de la CID de Curepipe épaulée par la MCIT travaillent d’arrache-pied pour retrouver le meurtrier.

 

Désormais, les enquêteurs resserrent l’étau sur tous les participants à la fête organisée pour la Pâques chez la tante d’Eleana Gentil. Le lendemain des funérailles, après une série d’interpellations, les policiers ont mis la main au collet d’un homme de 37 ans, Arnaud Boodram, considéré comme un « habitual criminal ». Cet habitant de la localité était présent à la fête du 5 avril.

 

Plusieurs éléments laissent croire que l’individu pourrait avoir un lien avec cette affaire de meurtre. Le suspect est en liberté conditionnelle pour une accusation de «causing child to be sexualy abused». Depuis quelques jours, il ne se pas présenté au poste de Curepipe comme il était convenu selon les conditions de sa remise en liberté.

 

De plus, les enquêteurs ont remarqué des traces suspectes sur le corps de cet individu. Ce dernier s’est muré dans le silence. Les enquêteurs ont donc effectué des prélèvements sur lui pour les expédier aux officiers de la SOCO. Les analyses scientifiques devraient en dire plus. La police a également saisi un 4×4 rouge où ont été trouvées des traces de sang. La Major Crimes Investigation Team a pris la relève de la CID de Curepipe dans cette enquête. Le suspect a été traduit devant la Cour correctionnelle de Port-Louis vendredi. Il a été provisoirement inculpé de meurtre, avant d’être conduit en cellule. D’autres arrestations sont à prévoir.

Psychose à Cité Anoska

 

La peur gagne du terrain à Cité Anoska depuis le meurtre de la peite Eleana Gentil. Des habitants affirment qu’un tueur d’enfants rôde dans les parages. « Dans sa cite la ena beaucoup zenfans ki zouer dehors. Nou peur ki dimin sa maniac la enleve nou zenfans. Nou dimande la police patrol sa quartier la et attrape sa criminel-la », lance Anita, une habitante de l’endroit. Un autre habitant s’indigne de l’atrocité de ce meurtre : « Nou dimane la police remet nou sa criminel la dan nou la main. Garde bizin kitte li are nou, nou pou fini li kuma line tire la vie ene innocente.»

« Eleana a été tuée ailleurs »

 

Michel Perrine, 57ans, grand-père maternel qui avait la garde de la petite Eleana Gentil est persuadé que le meurtrier doit être l’un des participants à la fête. Il revient sur cette journée du 5 avril. «Eleana ti ale l’église le matin pour assister ene baptême. Vers 17 heures, line change so linge, li fine alle kote mo soeur ki reste pas loin kote ti ena fête la », relate Michel.

 

Ce dernier souligne qu’il ne s’est pas rendu à la fête, car il était souffrant. Il avait demandé à Eleana Gentil et ses proches de s’y rendre, la fête étant à côté de la maison. « Eleana était plutôt une fille réservée. Jamais, elle ne serait partie avec un inconnu. La fête accueillait seulement des membres de la famille. Je laisse à la police le soin de faire son travail », a-t-il conclu. Et d’ajouter qu’il a arpenté, fouillé, l’endroit où a été trouvé le corps d’Eleana Gentil, le 15 avril, mais assure n’avoir rien vu. « Mo fine rode dans sa place la, mo affirme ou ki pas ti ena aucune le corps la bas. zot fine touille li ene l’autre place et fine depose so le corps la », soutient le grand-père.