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Le témoin oculaire dans l’affaire Toofanny raconte la scène

Teleplus 14 March, 2015 15:44

Il dit avoir vu Iqbal Toofanny se faire rouer de coups par des policiers au poste de police de Rivière-Noire. Ce vigile a porté plainte au CCID, vendredi soir. Il était accompagné de l’avocat Assad Peeroo. Il dit pouvoir identifier les policiers et souhaite une protection policière.

Le témoin oculaire dans l’affaire Toofany raconte la scèneCe vigile âgé de 58 ans, affecté au Morne Anglers’ Club, situé non loin du poste de police de Rivière-Noire, avait juré un affidavit, mardi, en Cour suprême. Il soutient avoir vu des policiers brutaliser Iqbal Toofanny dans la nuit du 1er au 2 mars. Vendredi soir, il s’est rendu au CCID en compagnie de son homme de loi, Me Assad Peeroo, pour rapporter ce qu’il a vu et entendu au poste de police la veille du décès d’Iqbal Toofanny. Selon la déposition du témoin, qui dit pouvoir identifier les cinq policiers, l’un d’eux, notamment le sergent, lui aurait dit qu’il avait battu la victime. Après avoir enregistré sa version, les policiers devaient procéder, tard dans la nuit, à un exercice de reconstitution des faits. Le vigile devait indiquer le club où il était affecté le 1er mars et l’endroit où il se trouvait lorsqu’il se serait entretenu avec le sergent qui lui aurait fait certaines confidences sur le traitement qu’il aurait infligé à Iqbal Toofanny. Il devait aussi montrer aux enquêteurs la fenêtre d’où il aurait aperçu les policiers brutaliser la victime, avant d’indiquer où il se trouvait quand il aurait vu les cinq policiers traîner Iqbal Toofanny « kuma enn zanimo. » Il était alors vers 5 heures du matin. Suite à l’affidavit juré en Cour suprême et la plainte déposée à la Commission des Droits Humains par le vigile, les cinq policiers avaient été convoqués, le mercredi 11 mars, par le CCID. Mais les avocats des suspects ont souligné que leurs clients se présenteront aux Casernes centrales une fois la plainte du vigile consignée. Zones d’ombre Selon Me Samad Goolamally, qui représente un des cinq policiers, ils n’ont jamais refusé de se présenter au CCID. « Nous avons expliqué aux enquêteurs qu’on ne pouvait se baser sur un affidavit pour convoquer nos clients. On a attendu que le témoin consigne sa plainte à la police. Chose qu’il a fait. Nous allons accompagner nos clients au CCID d’ici lundi », dit-il. Par ailleurs, cette affaire continue à faire des remous. Non seulement le dossier médical d’Iqbal Toofanny a disparu, mais les enregistrements de la vidéosurveillance des urgen-ces de l’hôpital de Candos ne sont plus disponibles, ayant été réutilisés cinq jours plus tard. Aussi, la Casualty Card a été remise à un officier de police fantôme. Un cadre de hôpital ne se rappelle pas du nom de l’officier venu récupérer ladite carte. Il en ressort que certains membres du personnel de l’hôpital devraient être convoqués par le CCID. Pour les proches du défunt, c’est l’incom-préhension depuis vendredi. Ils estiment « qu’il y a anguille sous roche ». Yousouf, le père d’Iqbal Toofanny, demande aux autorités de bien faire leur travail. Il se dit attristé et très remonté par ces récents événements. « Il y a trop de zones d’ombre dans cette affaire qui freinent l’enquête judiciaire », dit-il.